Martinique

21 Février 2015 a 10h27 : arrivée dans la baie de Fort de France, l’ancre est jetée face au banc des Flamands

Notre première balade dans cette ville est étrange. Nous sommes arrivés le dimanche et tous les commerces fermés donnent un aspect de ville abandonnée au centre ville de Fort-de-France. Quelques touristes errants comme nous, de rares bus et taxis. Cela contraste avec l’effervescence citadine que l’on découvre le lendemain et qui, malgré l’assourdissante ambiance qu’elle propose, nous emplit d’une énergie familière que l’on n’avait pas rencontrée depuis longtemps ! Cette ville s’agite et remue, bruyante et parfois fausse, comme pour donner raison au poète Aimé Césaire, prophète omniprésent et incontournable de l’île :

« Et dans cette ville inerte, cette foule criarde si étonnamment passée a coté de son cri comme cette ville a coté de son mouvement, de sos sens, sans inquiétude, a coté de son vrai cri, le seul qu’on eût voulu l’entendre crier parce qu’on le sent sien lui seul ; parce qu’on le sent habiter en elle dans quelque refuge profond d’ombre et d’orgueil, dans cette ville inerte, cette foule a coté de son cri de faim, de misère, de révolte et de haine, cette foule si étrangement bavarde et muette. » Cahier d’un Retour au pays Natal.

Le séjour Martiniquais sera marqué par les retrouvailles, amoureuses pour certains, familiales et amicales pour d’autres, des retrouvailles ressourçantes pour tous! C’est pour cela que nous décidons rapidement de bouger de Fort de France ou l’eau n’invite malheureusement pas du tout a la baignade. Nous mouillerons donc a Grande Anse – Anses d’Arlet – où nous élirons domicile pendant près de trois semaines a vrai dire, excepté une petite virée avec nos visiteurs a Anse Noire.

Des bateaux-copains y mouilleront constamment autour de nous, et égayeront ce séjour au cri de ralliement d’Alice, notre chef scout, jeune et intrépide capitaine de Micromégas, un magnifique loft d’acier sauvé in extremis des douanes vénézuéliennes avec l’aide de Vianca, son amie colombienne. Deux jeunes femmes douces et pleines de surprises, des échanges trop riches pour être racontés, des soirées de guitare et de clarinette, et la voix suave, magique d’Alice… Nos copains pandas étaient la aussi, et Aymeric le bricoleur a réparé tout ce qui lui est tombé sous la main, surtout les bateaux des autres ! Libertad, avec Simon, Julien et Ben, nous retrouverons également pour des soirées musicales, ainsi que deux co-capitaines so british d’un bateau moineau, judicieusement baptisé Sparrow, Jesse et John, de vrais aventuriers, des tour-du-mondistes sans peur, des cuistos hors-pairs flegmatiques et attachants. Nous formons tous ensemble la grande famille des gens de mer, d’une escale a l’autre, nous échangeons les bateaux-stopeurs, nous donnons rendez-vous sur la prochaine île, cuisinons ensemble la pêche du jour et les spécialités de chacun…

C’est ainsi que le quotidien sur l’île sera dans l’ensemble plutôt rythmé par les baignades avec les tortues dans l’eau si claires de Grande Anse, les pêches fructueuses sans ciguatera, et le farniente d’une vie de voyage entre amis. Le tout ponctué de quelques excursions détaillées plus bas.

Le capitaine du navire et sa mie se sont de leur coté reposés de leur vie en bateau grâce au chaleureux accueil de Marie-Flore et de son fils Shany, mère et frère d’amis d’enfance. Qu’il fut bon de se reposer dans une maison amie et de visiter l’île avec des habitants amoureux de tous ses recoins… De beaux souvenirs et de belles rencontres a garder dans nos cœurs.

Parmi les moments marquants de l’étape martiniquaise, nous n’oublierons pas non plus les séances de tatouages improvisés dans cette ferme où se retrouvaient les jeunes vadrouilleurs de tous poils. Joël, fringuant espagnol et sa mallette de tatoueur, laissa ses marques sur les peaux de plusieurs d’entre nous… Mais nous vous laisserons découvrir cela au retour de l’aventure !

Nos recommandations en terme de visite ?

  • Les distilleries : JM et HSE ! JM surtout pour la visite de cette usine en marche en plein milieu d’une végétation luxuriante ou l’on aperçoit colibris et fleurs de toutes parts. Saint-James recèle aussi de beaux trésors de cuivre que l’on imagine distiller d’autant plus aisément que les explications sont claires et précises. Les distilleries sont une des richesses inégalées de la Martinique, devant celles de Guadeloupe, il faut bien le dire, tant pour la qualité du rhum que pour celle de la visite. Nous avons malheureusement raté la visite de la distillerie La Favorite, qui est apparemment inoubliable, bien que ses produits soient chers.
  • le superbe jardin Balata
  • la jolie presqu’île de la Trinité, où, si l’on ne surfe pas, on peut se perdre dans de superbes mangroves, visiter des ruines de distillerie qui font rêver, s’émerveiller devant le calme de cette eau, apaisée par des récifs protecteurs…
  • La route de la Trace, perdue dans une nature enchantée et sauvage, plusieurs balades et cascades dans le nord a ne pas manquer, notamment au départ de la ville de Saint-Pierre, paisible et fascinante.
  • Le scintillant rocher du Diamant, surtout au coucher du soleil.

 

Infos pratiques :

  • Mouillage Fort de France :

Pas de possibilité de faire de l’eau. Leader price très proche du mouillage et pas cher. Bus pour aéroports également.

  • Mouillage de Grande Anse :

Eau très claire et superbes endroits a proximité pour plonger. Les tortues jalonnent les fonds marins et on en aperçoit très souvent, tantôt farouches, tantôt curieuses ou lascives.

Mouillage bien protégé et très calme. Profondeur : environ 5 a 8m. Bouées gratuites ou possibilité de se mettre a l’ancre. Privilégier le coté droit du mouillage en regardant la côte, le moins rouleur en cas de houle.

Possibilité de faire de l’eau au ponton. Eau payante a régler au restaurant « Les p’tits bateaux » en dehors des heures de service. Bonbonnes de gaz de 13 kg standard français disponibles dans une épicerie du village, ou plus loin pour ceux qui disposeraient d’une voiture.

Clearance pas obligatoire et faisable dans beaucoup de baies. Dans notre cas : entrée a Fort de France et sortie au bourg d’Anse d’Arlet.

Déplacements dans l’île en voiture essentiellement, mais aussi en navette entre Fort-de-France et les Trois Îlets. On découvre une Martinique où les déplacements sans voiture sont assez laborieux. L’auto stop fonctionne pourtant très bien et on en fera assez souvent.

 

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