Dominique

 

Étonnamment située entre deux morceaux d’une France colorée et bavarde, on découvre la Dominique, comme une île pour initiés, une escale dont on entend parler par quelques assidus des Antilles comme du dernier lieu préservé de cet archipel de tourisme. Quel étrange bout de terre, sauvé de l’invasion des casquettes avec ventilateur par ses reliefs escarpés et ses côtes sans plages idylliques. Pas d’aéroport international, peu de communication, des infrastructures de tourisme abandonnées sur les routes et quelques dizaines de milliers d’habitants seulement, la Dominique est un paradis caché, une île sauvage et riche, de sa nature et de son histoire aussi. Commençons par la…

C’est avec surprise que l’on découvre l’unique patrimoine vivant des Antilles pré-colombiennes, rien d’artificiel dans cette réserve d’indigènes Kalinagos, barbarement baptisés Caribes par un Christophe Colomb hâtif. Il faut parler avec les gens, il faut venir sans préjugés pour s’entendre raconter l’histoire de ces survivants. Et, surprise encore, dans cette île anglophone, le créole est suffisamment français pour être identifiable. C’est en échangeant avec Louis que nous apprenons tout ça, Louis, kalinago sympathique et engagé qui nous accueille avec une générosité touchante sur son terrain tout en nature et en falaises escarpées. C’est un lieu magique sur lequel il construit de très belles cabanes et de petits ajoupas, sortes de huttes traditionnelles, afin d’accueillir les randonneurs fatigués et curieux des traditions kalinagos. Et c’est vrai qu’après plusieurs nuits dans des carbets bienvenus mais sommaires, on est enchantés de se reposer face aux eaux agitées de l’Atlantique, bien abrités a Vistas of Aywasi.

On passe chez les Kalinagos en suivant le Waitukubuli National Trail, sentier de randonnée magnifique et parfois costaud qui sillonne l’île du Sud au Nord. Waitukubuli, ça signifie « Tall is her body », parce que l’île est haute, et c’est vrai qu’il y a du dénivelé, ceux qui ont fait le segment 9 s’en souviennent longtemps… Mais elle est haute et verte, peuplée d’arbres, de cascades pures et cristallines, de vie sauvage et vierge. On se sent comme un indien parfois, perdu sur ce petit sentier, heureusement bien balisé, on a l’impression qu’il ne s’est rien passé depuis 1492. On dirait que les anglais et les français se sont battus ailleurs, qu’ils ont oublié cette île aux belles et bonnes eaux, c’est bien la seule dans Antilles où l’on peut se promener avec des bouteilles d’eau vides et les remplir sans inquiétude aux sources et cascades, si abondantes. Une richesse que l’on sait apprécier après ce tour de l’Atlantique en bateau, après les arides terres marocaines et cap-verdiennes, les usines de désalinisation partout… Il y a également des sources d’eau chaude et du souffre sur cette île volcanique, des curiosités qui laissent des souvenirs marquants. Et puis l’Indian River, où il y a la sorcière de pirates des Caraïbes qui vit… Bref, en deux semaines, on ne s’ennuie pas, on marche beaucoup, on mange des pamplemousses et des cocos pour rien du tout et on rencontre des gens sympas, très tranquilles et amoureux de leur île, ce qu’on ne peut que comprendre quand on y a fait un tour. Pourvu qu’il n’y ai jamais, jamais d’aéroport international…

Infos pratiques :

  • Le mouillage dans la capitale Roseau est assez loin du centre-ville, payant mais bon.
  • Le mouillage de Portsmouth est gratuit et grand, ça ne bouge pas trop et il y a assez d’eau jusqu’à proche de la plage, environ 3mètres. On y est bien sauf pour les barques de locaux qui viennent constamment vendre quelque chose. Pour se baigner c’est moins sympathique qu’ailleurs, mais on ne vient pas sur cette île pour cela.
  • Il y a de l’eau qui arrive sur une bouée au milieu du mouillage, ça a l’air très pratique.
  • On peut avoir internet au bar de Félix. Pour le gaz, c’est plus compliqué parce que ce ne sont pas des bouteilles françaises.
  • Clearance faisable a Portsmouth mais attention a bien arriver dans la semaine a des horaires ouvrables, sinon on paye trois fois plus cher. Pour info, trois EC dollars font un euro. Formalités très tranquilles, pas de clearance de sortie si l’on reste moins de deux semaines.

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